« Camps de concentration » au Xinjiang : Pékin dément les accusations américaines

Nouvelobs, 15.05.2019

La Chine a fermement rejeté lundi 6 mai les accusations d’un haut responsable américain selon lesquelles trois millions de personnes, pour la plupart de confession musulmane, seraient internées dans des « camps de concentration » au Xinjiang, région instable du nord-ouest du pays où vivent la majeure partie des Ouïgours, une minorité musulmane.

La région a été frappée durant la dernière décennie par des attentats meurtriers revendiqués par des Ouïgours, qui représentent près de la moitié de la population locale. Pékin montre du doigt les « islamistes »et « séparatistes » pour justifier la répression menée dans le Xinjiang.

La sécurité a été renforcée de manière draconienne ces dernières années au Xinjiang. Et près d’un million de personnes, ouïgours et membres d’autres ethnies musulmanes, sont ou ont été détenues dans des centres de rééducation de la région, selon une estimation d’un groupe d’experts citée par l’Organisation des Nations unies et démentie par Pékin.

Pékin évoque des « centres de formation professionnelle »

Randall Schriver, le secrétaire adjoint américain à la Défense, avait décrit le 3 mai ces endroits comme des « camps de concentration », estimant que le chiffre des personnes détenues était « probablement plus proche des trois millions ».

Ces propos sont « totalement contraires aux faits », a réagi lors d’une conférence de presse Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « La Chine exprime son puissant mécontentement et sa ferme opposition », a-t-il martelé.

Pékin défend en effet les établissements incriminés, assurant qu’il s’agit de « centres de formation professionnelle » destinés à renforcer l’employabilité des habitants et à les éloigner de toute tentation de radicalisation islamiste ou séparatiste.

La Chine a lancé une grande campagne de communication depuis octobre et le début des premières protestations internationales, invitant dans ces endroits des diplomates et journalistes, lors de visites très encadrées.

« Aujourd’hui, le Xinjiang est politiquement stable, son économie se développe et la société y est harmonieuse. Les gens y vivent et y travaillent en paix », a ajouté Geng Shuang.

« Nous exhortons une fois encore les parties concernées aux Etats-Unis à respecter les faits, à abandonner leurs préjugés, à parler et à agir avec prudence et à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine via la question du Xinjiang. »