Kirghizistan: le frère d’un député pro-chinois balayé par la répression au Xinjiang

27.12.2018, Mediapart

Askar Yunus, frère du député kirghiz Adil Zhunus uulu, a travaillé à l’Académie des sciences sociales du Xinjiang. Il aurait été arrêté en novembre par les autorités chinoises dans le cadre de la répression visant les autochtones turcophones de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Des hommes kirghizes préparent des portraits de leurs proches lors d’une conférence de presse à Bichkek le 29 novembre 2018. © Vyacheslav Oseledko—AFP

Cet article a été publié originellement en anglais le 04 décembre 2018 par le site Eurasianet.org. Pour accéder à la version originale : https://eurasianet.org/kyrgyzstan-mps-brother-swept-up-in-xinjiang-crackdown?fbclid=IwAR16rJQJzG-Jf0t93U2sX6ZQepuwhtaDlXbppn5AxUqCMqDftng1nyjxxSw

Le frère d’un législateur siégeant au parlement kirghiz aurait été arrêté dans le cadre de la campagne de sécurité incessante menée par le gouvernement chinois dans sa province du Xinjiang.

Askar Yunus, 49 ans, historien d’origine kirghize et ayant travaillé à l’Académie des sciences sociales du Xinjiang, aurait été arrêté selon la Radio Free Asia vers la fin du mois dernier.

Dans un reportage du 30 novembre, Radio Free Asia a cité un employé de l’académie qui aurait déclaré à son personnel « d’être informé lors d’une réunion que certains problèmes existaient” avec Yunus. On ne sait pas quelle infraction Yunus aurait commis.

Pas plus tard qu’en octobre, il proposait au Kirghizistan de vendre son transporteur national Air Kyrgyzstan à des investisseurs         chinois. Lorsque le président Sooronbai Jeenbekov s’est rendu en Chine pour rencontrer le président Xi Jinping et d’autres hauts   responsables chinois en juin, Zhunus uulu était l’un des cinq parlementaires qui ont rejoint la délégation officielle.

Jusqu’ici, le Kazakhstan voisin a été un peu plus courageux en abordant le Xinjiang avec la Chine, même si la rhétorique officielle   ne s’approche jamais de la critique.

Le mois dernier, le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan et le nouvel ambassadeur de Chine dans le pays se sont rencontrés pour discuter de la région, entre autres sujets. Selon le ministère des Affaires étrangères à Astana, les deux hommes étaient heureux de convenir que la diaspora ethnique kazakhe de 1,6 million d’habitants située dans le Xinjiang constitue un «pont vivant» entre les deux pays.

Zhunus uulu aurait peut-être déjà pensé à lui-même de manière similaire en ce qui concerne les 200 000 personnes d’origine kirghize en Chine. Mais si les informations sur l’arrestation de son frère sont véridiques, la terreur répandue dans tout le Xinjiang aurait peut-être été un pont trop loin.