« Des dizaines de membres de ma belle-famille ont disparu » – l’autre 11 septembre de Rushan Abbas

Source: Bitter Winter

Ce jour-là, sa sœur et sa tante ont disparu. C’était six jours après que la célèbre militante ouïghoure a dénoncé la disparition de beaucoup d’autres, parmi lesquels des bébés.

Rushan Abbas consacre sa vie à la défense des libertés religieuses et des droits humains pour les Ouïghours.

Marco Respinti

La première fois que j’ai rencontré Mme Rushan Abbas, c’était à Genève, le jour où le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a examiné la situation de la Chine dans le cadre de l’Examen périodique universel. La pancarte qu’elle portait m’a fait grande impression, il y avait la photo d’une femme ouïghoure d’âge mûr et les mots suivants : « Où est ma sœur ? Elle est médecin, elle n’a pas besoin de formation ». Officiellement, les camps de détention de masse au Xinjiang portent le nom de camps de « rééducation », et des gens y sont torturés et y meurent alors que le Parti communiste chinois prétend qu’il leur dispense une « formation » pour les guérir de leur extrémisme religieux.

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Ouïghours : quand la Chine réprime jusqu’en France

10.01.2019, asialyst

Manifestation de Ouïghours à Paris, le 5 juillet 2009, le jour des émeutes interethnique d’Urumqi, qui ont fait 197 morts. (Source : Courrier International)

La répression qui s’abat sur les Ouïghours ne s’arrête pas aux frontières du Xinjiang. Le gouvernement chinois tente par tous les moyens de contrôler la diaspora de cette minorité turcophone, de culture musulmane. Asialyst a enquêté sur les méthodes de Pékin pour espionner la communauté ouïghoure de France et forcer certains ressortissants à rentrer au pays.

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Mon ami Ouïghour, où es-tu ?

10.01.2019, Mediapart

Récit d’un jeune chercheur d’origine palestinienne se souvenant de son meilleur ami Nurali, un brillant étudiant ouïghour. N’ayant plus de contact depuis des années, l’auteur retrouve le nom de Nurali, devenu professeur à son retour à l’Université normale du Xinjiang après son doctorat en Allemagne, dans la liste des intellectuels ouïghours arrêtés par les autorités chinoises.

Les intellectuels ouïghours détenus dans les camps de concentration chinois
Fadi Zatari

Cet article a été publié originellement en anglais sur la plate-forme Muftah par un chercheur d’origine palestinienne le 14 décembre 2018. Pour voir la version originale : https://muftah.org/my-uyghur-friend-where-are-you/?fbclid=IwAR1zIqJNOAKStu2SaRYZbDzNjrwTSDfgULuS9-UsD43w8dDKk4OEtxLEI9w#.XDIV6lxKjIV

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La Chine dévoile son projet de « sinisation » de l’islam

10.01.2019, Mizane

La Chine s’est engagée à « siniser » l’islam au cours des quatre prochaines années, alors que la répression sécuritaire qui aurait conduit à l’internement de millions de musulmans du pays pourrait se propager. A Beijing, un reportage de Lucy Hornby pour le Financial Times que Mizane.info rend disponible en français.

Au cours des deux dernières années, la Chine a intensifié sa répression contre les Ouïghours, un groupe ethnique musulman turcophone originaire de la région nord-ouest du Xinjiang, qui parle une langue proche du turc.

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Kazakhs et Ouïgours dans l’enfer du goulag chinois

01.01.2019, Lemonde

Le régime chinois déporte en masse ces minorités dans des camps. « Le Monde » a pu recueillir les rares témoignages d’anciens détenus.

Une femme tient le portrait d’un de ses proches disparu en Chine, dans les locaux de l’association Atajurt, à Almaty (Kazakhstan),  le 4 décembre 2018. .

En rangée, deux par deux, ils sont 500 détenus, que des gardes font monter dans des bus, cagoule sur la tête. Au bout du trajet, ils découvrent un nouveau camp d’internement, assez similaire à celui d’où ils viennent :

« Il y avait des bâtiments neufs, et d’autres qui n’étaient pas finis. Il devait y avoir 3 000 personnes, beaucoup de Kazakhs comme moi, qui étaient nés en Chine et à qui on disait qu’ils n’auraient pas dû changer de nationalité. Des gens qui avaient utilisé WhatsApp. D’autres qui avaient dit “Assalamu alaykum” [“Que la paix soit sur vous” en arabe]. »

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Espionner les Ouïghours: compte-rendu d’un étudiant chinois Han

27.12.2018, Mediapart

Les étudiants chinois d’ethnie han ne craignent pas d’être envoyés dans des camps de rééducation, ils craignent que leurs professeurs de langue ouïghour ne disparaissent un jour.

KASHGAR, CHINA – JULY 31: Chinese soldiers march past near the Id Kah Mosque, China’s largest, on July 31, 2014 in Kashgar, China. China has increased security in many parts of the restive Xinjiang Uyghur Autonomous Region following some of the worst violence in months in the Uyghur dominated area. (Photo by Getty Images)

L’armée chinoise patrouille près d’une mosquée dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang. © Getty Images

Par Jia Biming (賈弼銘)

Cet article a été publié dans Initium Media en chinois traditionnel (https://theinitium.com/article/20181008-china-xinjian-student-autobiography/)le 08 octobre 2018 et a été republié en anglais par le site Taiwan Gazette (https://www.taiwangazette.org/news/2018/12/4/spying-on-the-uyghurs-a-first-person-account-from-a-han-chinese-student?fbclid=IwAR3buSxKvs4IjADeABlLUmxsm-CuOS44PzEadoj8iLCavstVYVwnNNechEQ)le 04 décembre 2018.

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Suivi des goulags musulmans chinois-Transformer le désert en camps de détention

27.12.2018, Mediapart

La Chine est accusée d’avoir incarcéré des centaines de milliers de musulmans dans des camps de détention qui sortent des sables du désert du Xinjiang. Une analyse médico-légale des images satellitaires de 39 de ces installations montre qu’elles se développent rapidement.

Suivi des goulags musulmans chinois © Reuters/Christian Inton
Reportage de Philip Wen et Olzhas Auyezov

Photographie de Thomas Peter | Illustrations de Christian Inton

Graphiques de Simon Scarr

Cet article a été publié originellement en anglais par Reuters le 29 novembre 2018. Pour accéder à la version originale, voir ici : https://www.reuters.com/investigates/special-report/muslims-camps-china/?fbclid=IwAR0T50659SakWA7SQMmOmJSuPTjfeDOo7HPG70mQzwNYHaiBpELs3MWxcUI

Un panel des Nations unies a accusé la Chine de transformer sa région très éloignée du Xinjiang dans l’ouest du pays «en un camp d’internement gigantesque, plongé dans le secret, une” zone sans droits “. Il estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à un million de musulmans qui ont y’été détenus.

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Dolkun Isa : “99% des Ouïghours en exil ont perdu tout contact avec leur famille”

23.12.2018, Parismatch

Dolkun Isa à Paris, en octobre 2018.

Selon des organisations de défense des droits de l’Homme, plus d’un million d’Ouïghours, une minorité turcophone et musulmane chinoise, seraient détenus dans des camps d’internement. Dolkun Isa, président du Congrès mondial des Ouïghours, qui a quitté la Chine en 1994 pour l’Allemagne, revient pour Paris Match sur la situation des Ouïghours, à propos de laquelle très peu d’informations filtrent.

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Usines et hôpitaux transformés en camps de détention (vidéos)

23.12.2018, Bitter Winter

Un plan secret visant à cacher les Ouïghours détenus dans des installations inoffensives est dévoilé, révélant ainsi la demande insatiable de la région autonome du Xinjiang pour davantage d’espace de détention.

Les autorités de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang ont commencé à construire des camps de transformation par l’éducation en 2014 pour détenir et « réformer » les musulmans d’origine ethnique ouïghoure. Lorsque Chen Quanguo est devenu secrétaire du Parti du Xinjiang en 2016, les activités de construction de camps et de rééducation se sont accélérées. À partir de 2017, de nombreuses grandes bases industrielles, écoles du Parti, hôpitaux et bâtiments scolaires du Xinjiang ont été convertis en camps.

Il semble que le gouvernement ait voulu cacher l’ampleur de sa détention massive et de sa rééducation. Quelques exemples permettent de faire la lumière sur cette pratique.

Le parc industriel du vêtement du comté de Huocheng dans le Xinjiang a été transformé en camp de détention, mais l’enseigne du parc industriel reste inchangée près de l’entrée.

Le parc industriel du vêtement du comté de Huocheng a été construit en 2015 sur Chaoyang South Road, à l’extrême frontière ouest de la Chine. Le complexe de l’usine couvre une superficie d’environ 323 000 pieds carrés (environ 30 000 mètres carrés). Le parc industriel comprenait des ateliers de production et de formation pour le textile, la soudure électrique, l’habillement, le tricot et les produits connexes. Le complexe employait plus de 2 000 travailleurs. Mais cette installation moderne et de grande envergure n’a servi industriellement que pendant deux ans.

Les murs entourant le parc industriel du vêtement du comté de Huocheng dans le Xinjiang sont dissimulés par de grands panneaux de propagande, avec des caméras de surveillance au-dessus des murs :

Aujourd’hui, une clôture de protection se dresse devant l’entrée du parc industriel. Il est entouré de murs d’environ 13 pieds (quatre mètres) de haut, avec des caméras de surveillance montées sur les murs tous les 33 pieds (dix mètres).

Les routes menant à ce camp à Huocheng sont pleines de caméras de surveillance.

Des sources révèlent à Bitter Winter qu’en octobre 2017, le gouvernement local a converti cette installation industrielle en un camp de transformation par l’éducation pour la détention des Ouïghours. En novembre de la même année, plus de 3 000 personnes y étaient détenues. En septembre 2018, le nombre de détenus dépassait 6 000. Parmi ceux-ci, plus de 700 provenaient de deux brigades locales de la ville de Huiyuan dans le comté (une brigade est une unité administrative au niveau du villagedans le Xinjiang).

Un membre du personnel du camp rapporte que « chaque personne qui est détenue ici a des problèmes idéologiques, alors nous lui donnons une éducation patriotique. La première étape est d’apprendre le mandarin et d’être capable de maîtriser 3 000 caractères chinois. La deuxième étape consiste à étudier le droit. La troisième étape consiste à acquérir des compétences. Il n’y a pas de liberté ici. Tous les aspects de leur routine quotidienne (littéralement « manger, boire et aller aux toilettes ») sont sous notre surveillance. »

À côté du camp se trouve un « point de contrôle de la sécurité publique d’un dépôt pétrolier ». Tous les véhicules doivent être inspectés avant d’être autorisés à passer.

Les hôpitaux – généralement des endroits où il est possible de sauver des vies et de soigner des blessés – ont également été utilisés pour loger des prisonniers politiques. Par exemple, l’hôpital de Xinhua a été construit en 1991 et fut l’un des premiers hôpitaux de la ville de Yining. L’établissement est grand : l’aile principale de l’hôpital compte quatre étages, avec environ 34 salles à chaque étage, et quatre lits par salle. Un deuxième bâtiment, qui fournissait des soins aux hauts responsables du parti, compte douze étages, 24 chambres à chaque étage, avec deux lits par chambre. Ces plus de 1 000 lits peuvent maintenant contenir plus de 2 500 personnes.

L’extérieur de l’hôpital de Xinhua dans la ville de Yining :

Selon certaines sources, le gouvernement local avait prévu d’actualiser et de réaménager l’hôpital général vieux de 26 ans pour en faire l’hôpital pour enfants de la préfecture de Yili au cours du premier semestre de 2017. De façon inattendue, cependant, les services de sécurité l’ont réclamé pour faire un camp de transformation par l’éducation à la place.

Aujourd’hui, sur le côté droit de l’entrée de l’hôpital, un nouveau poste de police a été construit. Un panneau « Sécurité publique » y est accroché et des panneaux « Sortie » et « Entrée » ont été ajoutés de part et d’autre de la porte. À l’entrée, il y a un système de sécurité pour l’enregistrement des sacs. Toute personne qui entre doit passer par un processus de sécurité qui comprend la reconnaissance faciale et l’identification par carte d’identité.

Les policiers sont de garde à la guérite ; la zone est fortement gardée.

Bitter Winter a déjà fait état de telles conversions de bâtiments existants en camps de « transformation par l’éducation », et de telles conversions existent dans toute la province du Xinjiang. Les preuves suggèrent que le Parti communiste chinois (PCC) avait l’intention de tromper le public en cachant des camps de rééducation dans des bâtiments communautaires « normaux ». Cependant, au fur et à mesure que de plus en plus de camps « cachés » dans le Xinjiang sont exposés, ils ne servent que de preuve de la violation par les autorités des droits de l’homme et de leur besoin toujours croissant de trouver plus d’espace pour détenir les musulmans ouïghours.

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Dispersion et détention des Ouïghours : c’est pire qu’on ne le pensait

Bitter Winter

Hier, Bitter Winter a annoncé que des détenus issus de l’ethnie ouïghoure ont été transférés dans des prisons situées dans des provinces au-delà du Xinjiang. De nouvelles informations obtenues de nos reportages continus révèlent les efforts déployés par l’État chinois pour détenir et « rééduquer » la population, l’utilisation de la torture pour faciliter la rééducation et la détermination à cacher tous ces efforts.

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