CHINE : DES EXPATRIÉS OUÏGHOURS DÉNONCENENT LES PRESSIONS SUR LEURS FAMILLES AU XINJIANG

Actualite-News, 29.06.2018

Les Ouïghours vivant à l’étranger s’inquiètent du sort de leurs familles dans la région autonome de Chine.

Les expatriés ouïghours ont exprimé leurs inquiétudes face à la pression croissante exercée sur leurs proches dans la région autonome du Xinjiang en Chine, qui compte plus de 10 millions d’habitant ouïghours.

Dans un reportage du radiodiffuseur national australien ABC, les Ouïghours vivant à l’étranger affirment craindre que leurs familles restent bloquées indéfiniment dans les «camps de rééducation politique» de plus en plus nombreux en Chine.

Les Ouïghurs, un groupe turc qui représente environ 45% de la population du Xinjiang, accuse la Chine de mener des politiques répressives qui restreignent leurs activités religieuses, culturelles et commerciales.

Almas Nizamidin, un travailleur de la construction âgé de 27 ans qui a obtenu la citoyenneté australienne en 2014 après avoir quitté la Chine en 2009, a déclaré à ABC que sa femme et sa mère étaient en détention dans l’ouest de la Chine.

Nizamidin a expliqué que quand il est revenu dans son pays pour retrouver sa femme après les rapports de détention, la ville dans laquelle il a grandi ressemblait à une ville sous “l’occupation”.

“Il y avait des files de chars dans les rues et une block de police tous les 100 mètres où les policiers scannaient les cartes d’identité et le contenu de leurs téléphones”, a-t-il dit.

Les détentions à la hausse

Abdul-Salam Alim, un Ouïghour âgé de 45 ans et enseignant au Garden College d’Adélaïde, a déclaré à ABC que sa femme avait cinq frères et sœurs vivant dans la ville de Hotan au Xinjiang.

Alim a déclaré que chaque adulte des cinq familles sauf une avait été détenu ou emprisonné, “et que 21 enfants sont pris en charge par la seule femme qui est libre dans toute la famille”.

«À la maison, je ne permets pas l’ouverture de ces discussions, j’essaie juste de changer de sujet, parce que je sais que si je parle, quelqu’un va commencer à devenir émotif», a-t-il dit.

Selon l’ABC, l’Australie abrite une grande communauté ouïghoure d’environ 600 familles, soit une population de plus de 3 000 personnes vivant pour la plupart dans la ville d’Adélaïde, en Australie méridionale.

Les camps de rééducation politique du gouvernement chinois ciblent la religion et la culture des Ouïghours.