La torture aux “camps de rééducation” au Xinjiang au-delà de l’imagination humaine

MEDIAPART, 01.04.2018

Un musulman kazakh de la région autonome ouïghoure du Xinjiang est récemment mort dans sa maison de Ghulja (en chinois –Yining). L’homme de 87 ans a été libéré du centre de rééducation pour la déradicalisation juste trois mois avant sa mort. Il raconte à ses proches et à ses amis avant sa mort les calvaires que subissent les détenus dans ces centres.

Un musulman kazakh de la région autonome ouïgoure du Xinjiang est récemment mort dans sa maison de Ghulja (en chinois –Yining). L’homme de 87 ans a été libéré du centre de rééducation pour la déradicalisation juste trois mois avant sa mort. Il raconte à ses proches et à ses amis avant sa mort que les détenus sont frappés à mort par les gardiens, ensuite enfermés dans une pièce et subissent un grand bruit incessant et insupportable. Des mousses blanches leur coulaient de la bouche et du nez, nombreux se sont évanouis, certains sont devenus fous. Les autorités ont forcé les musulmans à boire de l’alcool, à manger la tête et les organes internes de cochons pour éradiquer leur détermination. Un autre Kazakh raconte lui aussi que les détenus sont forcés à se mettre un casque spécial qui fait du bruit 21 heures par jour, éteint seulement pendant 3 heures pour qu’ils puissent dormir, ce qui a rendu fou beaucoup de détenus.

Les lieux illégaux de détention partout au Xinjiang détiennent actuellement des centaines de milliers de Ouïghours, de Kazakhs, de Huis et de certains chrétiens. Ces centres de détention sont officiellement appelés «centres de rééducation professionnelle», «centres de rééducation des religieux clandestins » ou «centres de rééducation pour la déradicalisation ». Parmi eux, le centre de rééducation de religieux clandestins a récemment rapporté une terrible nouvelle : Un musulman kazakh de 87 ans, malade, a été libéré en décembre du centre de rééducation des religieux clandestins, dans la préfecture autonome kazakhe d’Ili.

Un Kazakh qui est arrivé récemment au Kazakhstan de la préfecture d’Ili (Xinjiang) a déclaré ce mercredi au journaliste que l’homme de 87 ans qui est mort dans sa ville natale de Ghulja en février dernier n’a pas été en mesure de contrôler ses besoins après sa libération du “Centre de rééducation des religieux clandestins”. Ensuite, les nerfs sont devenus extrêmement faibles, pleurant toute la journée. Avant sa mort, il a raconté à ses proches et à ses amis la torture qu’il a subie.

La personne qui a requis l’anonymat a affirmé que le vieil homme avait été détenu pendant un an et que les autorités craignaient qu’il ne meure au centre de détention avant sa libération : «Le vieil homme a été libéré et il a ensuite tout raconté. Il dit que les gardiens trient les détenus les plus faibles physiquement qui ne supportent pas la torture physique, les mettent séparément dans une pièce isolée où un très grand haut-parleur qui fait environ un mètre est accroché sur le mur. Le haut-parleur faisaient des bruits rauques pendant des heures, le son puissant était assourdissant, les deux pieds des Musulmans étaient fermés à clef et on leur demandait de s’agenouiller par terre … Il était impossible à supporter cette torture et une heure plus tard, beaucoup d’entre eux s’évanouissaient et écumaient la bouche. Les gardiens leur donnent à boire et les réveiller et continuent de mettre le son horriblement bruyant. Beaucoup de gens ont été mentalement effondrés, et leurs esprits sont paralysés. ”

Selon un Kazakh, il existe un autre type de torture chaque nuit, les gardiens donnent à d’autres détenus trois à cinq verre de vin d’origine inconnue: “Il faut boire chaque soir, beaucoup de gens ne peuvent pas boire, car les musulmans ne boivent pas d’alcool. En outre, les repas du centre de rééducation sont extrêmement mauvais, presque immangeables. Il y a quelques tranches de feuilles de chou et de pommes de terre chinoises et il n’y a pas de nourriture Après quelques mois de détention, les gardiens ramènent la tête, les pieds et les viscères du cochon et forcent les Musulmans qui ne mangent pas de porc à en manger. Si ces derniers refusent de l’exécuter, on les frappe avec des bâtons électriques, afin d’atteindre leur objectif de détruire la détermination des Musulmans. ”

Il y a quelques jours, Devletbek Kambakov, ancien membre de l’Association des écrivains du Xinjiang, qui a été naturalisé au Kazakhstan, a parlé dans une conférence de presse organisée à Almaty sur les opprimés du Xinjiang. Il a révélé que les gens dans les centres de rééducation au Xinjiang souffraient de diverses formes de torture, en particulier, des casques spécialement conçus dans lesquelles sont installés des dispositifs de sonnerie qui empêchent les détenus de dormir. En 24 heures, la cloche sonne dans le casque pendant 21 heures et le détenu ne dort que 3 heures. L’objectif des autorités est de les rendre fous.

Le Congrès Mondial Ouïghour, dont le siège est en Allemagne, a fermement condamné les autorités du Xinjiang pour leurs actes de violence brutale et barbare contre les minorités ethniques telles que les Ouïghours et autres. Le porte-parole de l’organisation, Dilxat, a déclaré mercredi aux journalistes: “Les détenus du Xinjiang sont généralement soumis à différentes formes de torture. Des bruits sur ces traitements inhumains arrivent jusqu’à nous, mais rien de très précis. Ce qu’on entend là est réellement inquiétant. Au Xinjiang, de nombreux Ouïghours sont détenus dans des camps soi-disant de rééducation, à l’instar d’un camp de concentration nazi: ils ont été battus, torturés, n’ont pas le droit de dormir la nuit et ont été obligés de manger des aliments non-halal. Nous exigeons aux gouvernements des différents pays de demander à la Chine d’explications, de clarifier la situation et de lui exiger des comptes. ”

Source : Association de Solidarité Duihua (博讯 boxun.com)

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