L’ex-super flic du web chinois, Lu Wei, visé par un enquête pour corruption

rfi, 16.11.2017

En 2015, le magazine américain Time considérait Lu Wei, à l’époque patron de la régulation d’internet en Chine, comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde. Lundi 21 novembre au soir, l’autorité anticorruption du Parti communiste a annoncé que Lu Wei faisait désormais l’objet d’une enquête pour « graves violations à la discipline », un terme qui signifie qu’il est soupçonné de corruption.

Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

La photo de Lu Wei, l’austère technocrate communiste, aux côtés du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg toujours en mode décontracté, avait fait le tour du monde en 2014.

A la tête de l’Administration du cyberespace, Lu Wei avait l’oreille des patrons de la Silicon Valley, car c’était bien lui le seul à pouvoir leur ouvrir – ou non – les portes du plus grand marché mondial du Net : celui de la Chine.

Mais Lu Wei défendait bec et ongles le blocage de dizaines de milliers de sites étrangers, comme lors d’une interview de la télévision nationale CCTV. « Si vous venez chez moi, j’ai bien le droit de choisir qui je laisse entrer et qui je refuse, avait-il alors argumenté. Je ne sais pas pourquoi cela s’appelle ‘censure’. Aucun autre pays donne autant de liberté de parole aux internautes. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas un ordre à respecter. Si vous êtes en Chine, vous devez obéir aux lois chinoises. »