Kredite, Energie und Kupferrohre: Tadschikistan wuchsen aus dem Gipfel des BRICS

NOVASTAN, 14.09.2017

Emomali Rahmon s’est rendu en Chine le 5 septembre dernier. Le Président du Tadjikistan a pris part à des négociations avec les Président chinois Xi Jinping et a participé à un sommet du BRICS.

Novastan traduit et reprend ici un article initialement publié par Sputnik Tajikistan.

Le neuvième sommet du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’est déroulé du 3 au 5 septembre dernier à Xiamen, en Chine. Au total, dix pays y étaient représentés, notamment le Tadjikistan.

Le format du sommet était quelque peu inhabituel : en effet, en plus des membres organiques du groupe (c’est-à-dire le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), le Tadjikistan, l’Egypte, la Thaïlande, le Mexique et la Guinée étaient présents.

Discussions productives entre Xi Jinping et Emomalii Rahmon

Le président tadjik est arrivé en Chine le 30 août pour rencontrer le président chinois Xi  Jinping. Cette rencontre a eu lieu le premier septembre, en prélude du sommet.  Emomalii Rahmon et Xi  Jinping ont abordé les relations actuelles entre leurs deux pays et ont amorcé la question d’une collaboration future entre les deux pays.

Les investissements directs chinois au Tadjikistan ont été au centre de leurs discussions. Les deux parties ont exprimé des idées constructives et ont avancé des propositions visant à renforcer les liens permettant de raviver la puissance hydro-énergétique du secteur des transports tadjik. Il est notamment question de construire une voie de chemin de fer régionale reliant la Chine, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et l’Iran qui pourrait faire renaitre de ses cendres la branche méridionale de la « Route de la soie ».

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Coopération économique et sécuritaire au menu

Les questions de coopération entre le Tadjikistan et la Chine dans le secteur de la production de matériaux de construction, de la fabrication fibre textile à base de coton et de l’exploitation des minerais ont été abordées. Les deux chefs d’Etat se sont entendus sur des collaborations dans le secteur de la santé, de l’enseignement et de la culture.

La sécurité et la stabilité de la région ont été au centre des négociations entre Emomalii Rahmon et Xi  Jinping. Les deux présidents ont parlé des possibilités de coopération pour améliorer la situation politique et militaire en Afghanistan, de la lutte contre le terrorisme international et l’extrémisme, du séparatisme, du trafic de stupéfiants et de la criminalité transnationale organisée.

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A la fin de ces négociations internationales de haut niveau, Emomali Rahmon a invité Xi  Jinping a visiter le Tadjikistan, sans préciser de date.

24 accords signés entre les deux pays

Lors des négociations avec le président chinois, Emomali Rahmon a signé une série d’accords importants dont les piliers centraux sont un accord d’investissement pour la rénovation d’une ligne à haute tension tadjike pour une somme de 79 millions de dollars, l’octroi d’une aide financière sans compensation à hauteur de 230 millions de dollars pour construire de nouveaux bâtiments pour le gouvernement et le parlement à Douchanbé.

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L’entreprise chinoise Zijin compte aussi construire au Tadjikistan une usine de traitement de cuivre.. La partie chinoise s’engage à construire une usine équipée de tout le matériel nécessaire.

Au total, Emomalii Rahmon a signé 24 accords, renforçant par là les relations bilatérales entre la Chine et le Tadjikistan. Les deux pays se sont entendus sur pas moins de deux cents documents et dispositions, parmi lesquels des arrangements avec l’entreprise TALKO et plusieurs accords entre l’Université tadjike agraire Chotemour et l’Institut des sciences et de la recherche de l’Académie chinoise des sciences agricoles.

Des liens plus forts entre diverses institutions

Un mémorandum a également été signé entre le ministère tadjik du Travail, des migrations et de l’emploi et le ministère du Commerce de Chine portant sur le développement de la coopération dans le domaine des ressources relatives au travail.

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Deux autres mémorandums ont été signés : un entre la Cour des comptes du Tadjikistan et l’Organe national d’audit chinois et un autre, celui-ci de coopération, entre l’agence nationale d’informations tadjike « Khovar » et l’agence d’information chinoise « Xinhua ». Des accords ont été conclus sur la propriété intellectuelle et d’autres domaines.

Le président tadjik évoque le changement climatique au sommet

Le sommet du BRICS a débuté par un forum concentré sur l’entreprise. C’est la première initiative de ce genre dans le cadre du BRICS. Le forum a offert la possibilité aux entrepreneurs des cinq pays fondateurs d’échanger des idées novatrices, de nouer des contacts et d’aborder différentes éventuelles coopérations.

Le BRICS accorde une importance toute particulière à la coopération entre le groupe et d’autres pays en développement. Il a d’ailleurs créé un mécanisme de dialogue efficace à cet effet, a précisé le président chinois.

Emomali Rahmon a participé à toutes les réunions du sommet et a présenté ses rapports. « Dans mon monde où les menaces et les défis jaillissent à chaque instant, le sommet des leaders des BRICS qui a lieu aujourd’hui est un événement d’ampleur dans la politique mondiale », a-t-il déclaré.

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Le président tadjik a appelé les pays du BRICS à mettre en œuvre activement le programme à l’horizon 2030 pour le développement durable, adopté en 2015, et à renforcer l’aide octroyée au pays en développement pour qu’ils puissent mener à bien leurs projets hydro-énergétiques. En outre, dans son discours, le président Rahmon s’est attardé sur le changement climatique.

Pour le Tadjikistan, une étape est franchie

Le directeur du Centre pour les recherches stratégiques auprès du Président du Tadjikistan, Khoudoberdy Kaliknazar, n’exclut pas qu’à l’avenir, si le BRICS se dotait d’observateurs, le Tadjikistan pourrait prétendre à un nouveau statut. Le politologue estime que la présence du Tadjikistan à ce sommet est une autre étape franchie.

La participation du Tadjikistan au sommet du BRICS est un événement phare, bien sûr pour le pays, mais aussi pour le président tadjik. Cette visite officielle a pour objectif d’élargir la base de la coopération Tadjikistan-Chine, souligne le président le l’Association nationale des politologues du Tadjikistan, Abdoulgani Mamadazimov.

En définitive, la Chine a encore une fois prouvé qu’elle cherchait à raffermir son influence au Tadjikistan en plaçant se pions dans tous les secteurs, que cela passe par des investissements dans l’économie tadjike, par des centres d’apprentissage du chinois ou en formant des professionnels pour travailler dans les entreprises sino-tadjikes.