Chine : les militants en faveur des droits humains sont persécutés

Amnesty International France
17 octobre 2010

La remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo a attiré l’attention de la communauté internationale sur les persécutions que lui font subir les autorités chinoises, qui l’ont condamné à 11 ans de prison pour « incitation à la subversion de l’État » à l’issue d’un procès inique.

Mais Liu Xiaobo n’est pas le seul militant chinois en faveur des droits humains actuellement en détention dans le pays. Ces prisonniers d’opinion sont détenus uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression.

Le mouvement de défense des droits fondamentaux en Chine grandit mais les personnes qui tentent de signaler des violations des droits humains ou de remettre en cause des mesures gouvernementales jugées politiquement sensibles risquent fortement de voir leurs droits bafoués. Les autorités ont souvent recours à des chefs d’inculpation formulés en des termes vagues, tels que « mise en danger de la sécurité de l’État », « subversion de l’État » ou encore « séparatisme », afin de réduire au silence et d’emprisonner des militants pacifiques.

La femme de Liu Xiaobo, Liu Xia, est devenue une nouvelle victime de cette répression : elle a été assignée à résidence dès son retour chez elle après une visite à Liu Xiaobo, qui venait de recevoir le prix Nobel. Ci-dessous, Amnesty International décrit la situation de cinq autres militants chinois de premier plan qui ont été enfermés pour avoir osé critiquer le gouvernement.

Hairat Niyaz
Purge actuellement une peine de 15 ans de réclusion ; détenu au secret dans un lieu inconnu.

Journaliste ouïghour et rédacteur pour des sites internet, Hairat Niyaz a été condamné pour « mise en danger de la sécurité de l’État » à la suite des émeutes de 2009 à Ürümqi, la capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, pour des essais qu’il avait rédigés avant les manifestations et des entretiens qu’il a accordés à des journalistes de Hong Kong. L’avertissement qu’il a adressé aux autorités chinoises concernant la menace de violences ethniques dans la région, la veille des manifestations qui se sont tenues à Ürümqi et ont coûté la vie à 197 personnes, est resté vain.

Avant d’être placé en détention, Hairat Niyaz était l’un des administrateurs de Uighurbiz, l’un des sites Internet accusés d’avoir encouragé les troubles à Ürümqi. Il a également travaillé, en tant que journaliste chevronné, pour plusieurs journaux importants de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, où vivent une bonne partie des membres de l’ethnie ouïghoure. Il recourt délibérément au chinois pour parler des problèmes ouïghours afin de mieux atteindre les lecteurs sinophones en Chine et à l’étranger.

Hairat Niyaz a été arrêté en octobre 2009, après que la police eut déclaré qu’il avait « donné trop d’interviews ». Dans ces interviews, il critiquait la politique d’« éducation bilingue » des autorités qui aurait, selon lui, entraîné le licenciement de nombreux enseignants ouïghours. Il a affirmé que les troubles qui ont éclaté dans la région sont le résultat de 20 ans de mesures discriminatoires en matière de minorités ethniques. Il a été condamné à 15 ans de réclusion en juillet 2010. On ignore où il est détenu.

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http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/human-rights-activists-face-persecution-china-2010-10-15