Human Rights Watch accuse la Chine de violation à grande échelle des droits de la minorité ouïghoure

Novastan, 16.10.2018

Après des condamnations de plus en plus fréquentes de la situation des droits de l’Homme au Xinjiang, l’organisation Human Rights Watch a publié un rapport dénonçant les autorités chinoises et leur responsabilité dans la répression en cours.

Le 10 septembre dernier, l’organisation de défense des Droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a publié un nouveau rapport sur la situation des droits humains en Chine. Dans le document, le gouvernement chinois est accusé de mener une campagne systématique de discrimination contre la minorité turcophone et musulmane de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, située au nord-ouest du pays.

Pékin, selon le document, se livrerait à des détentions massives ainsi qu’à des répressions basées sur des critères religieux et ethniques. Dans son rapport, HRW a fourni de nouveaux éléments justifiant ces atteintes répétées aux droits de l’Homme au Xinjiang. L’étau se resserre sur la minorité turcophone de l’ouest de la Chine, contrôlée en permanence par les autorités.

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Ouïghours et Kazakhs sont plus spécifiquement concernés par ces violations des droits de l’Homme. Comme le rapport de HRW le précise, ces populations se voient refuser les droits les plus élémentaires tels que la liberté d’expression, la liberté religieuse, le droit à la vie privée, la protection contre la torture ou le droit à un procès équitable.

Au contraire, toujours selon HRW, les populations turcophones du Xinjiang seraient soumises à des procédures d’endoctrinement politique, à des condamnations collectives, à des restrictions de mouvement et de communication, soit à un contrôle quasi-total.

Des camps de rééducation

Le rapport dénonce en particulier l’existence de camps de rééducation politiques en dehors de tout cadre légal. Selon les défenseurs des droits de l’Homme, il y aurait un million de personnes internées dans ces camps, parmi lesquels de nombreux représentants de la communauté turcophone du Xinjiang. Les prisonniers de ces camps de rééducation seraient également forcés d’apprendre le chinois, de faire honneur au parti communiste et aux idées véhiculées par le régime de Pékin.

Selon HRW, les autorités chinoises refuseraient systématiquement l’inspection de ces camps par des représentants d’organisations internationales telles que l’ONU ou des organisations de défense des droits de l’Homme. Depuis plusieurs mois, Pékin a nié l’existence de ces camps.

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« Le gouvernement chinois viole les droits de l’Homme au Xinjiang à une échelle jamais vue au cours des dernières décennies. La répression au Xinjiang est un véritable test pour l’ONU et les gouvernements à travers le monde. La question est de savoir si ces derniers vont agir et prendre des sanctions contre la Chine qui étend son pouvoir », a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine au sein de HRW.

Les rapports et condamnations ne cessent de se multiplier face à la situation humanitaire dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Les autorités chinoises ont toujours justifié l’utilisation de mesures répressives dans la zone comme une solution de défense face à certains représentants locaux suspectés de participer à des conflits armés en Afghanistan, au Pakistan ou en Syrie en tant que membres d’organisations terroristes. Le 13 septembre dernier, Pékin a estimé que ces camps n’étaient pas des camps politiques mais servaient au contraire à « éduquer » les minorités musulmanes.