Comment le monde devrait réagir à l’intensification de la répression au Xinjiang ? I

Mediapart, 15.07.2018

Près d’un million de personnes, principalement des Ouïghours sont enfermés dans des camps de concentration. Alors que plusieurs législateurs américains ont appelé à des sanctions, une grande partie du monde reste silencieux, y compris l’Organisation de la coopération islamique, qui se dit «la voix collective du monde musulman». Que devrait faire la communauté internationale?

Les auteurs : Rian Thum, Rachel Harris, James Leibold, Jessica Batke, Kevin Carrico, Sean Roberts

Cet article co-signé par six chercheurs spécialistes de la Chine des universités anglo-saxonnes a été publié le 04 juin 2018 sur le site spécialisé en Chine China File. Pour voir la version originale : http://www.chinafile.com/conversation/how-should-world-respond-intensifying-repression-xinjiang

Lire la suite...

Comment la Chine menace les musulmans ouïghours jusqu’en Belgique

La Libre, 27.04.2018

“Même en Belgique, je suis menacé par la police chinoise. À 10 000 km de là ! Notre système de sécurité est si fort qu’il peut se projeter partout.” Erkin – appelons-le comme cela (*) – est ouïghour, originaire du Xinjiang, région autonome turcophone dans l’ouest de la Chine. Réfugié en Belgique, il a trouvé un travail en Flandre et parle le néerlandais. Mais “où que tu sois dans le monde, jusqu’à ta mort, tu ne trouveras jamais la tranquillité” : tel est l’avertissement qu’“on” a voulu lui faire passer.

Lire la suite...

Vilaine secret d’autocensure des universitaires occidentaux travaillant sur la Chine

MEDIAPART, 28.04.2018

Alors que les inquiétudes montent au sujet de l’influence chinoise en Australie, les critiques disent que les universitaires désireux de maintenir l’accès au pays sont de plus en plus soucieux d’éviter de critiquer Pékin.

Lire la suite...

Droits de l’homme en Chine: «Ce que fait la France est largement insuffisant»

rfi, 17.02.2018

A l’approche du Nouvel An chinois, les diplomates occidentaux rendent visite aux militants et défenseurs des droits humains en Chine. Hu Jia, lauréat du prix Sakharov en 2006, a reçu la visite d’une délégation de diplomates occidentaux pour s’entretenir sur ses conditions de vie, mercredi 14 février.

Lire la suite...

Mercedes cite le Dalaï Lama dans une pub et déclenche la colère de la Chine

rfi, 09.02.2018

Une image postée sur Instagram par Mercedes-Benz a provoqué l’ire de la Chine. La marque allemande y vante ses automobiles tout en citant le Dalaï Lama, chef spirituel des Tibétains mais aussi bête noire de Pékin. Cette polémique n’est que la dernière en date. En janvier, la chaine hôtelière Marriott s’était déjà attiré les foudres de Pékin pour avoir présenté le Tibet comme un pays distinct. Tout comme le groupe Marriott, Mercedes a préféré faire marche arrière en présentant ses excuses.

Lire la suite...

Chine: 10 000 morts à Tiananmen en 1989, d’après un télégramme déclassifié

rfi, 24.12.2017

Le 4 juin 1989, les autorités chinoises réprimaient dans le sang un mouvement de révolte d’étudiants, d’intellectuels et d’ouvriers chinois. Ceux-ci étaient venus, sur la place Tiananmen, pour réclamer de Pékin des réformes politiques et démocratiques. Selon les estimations de l’époque, le bilan du massacre faisait état de plusieurs centaines à un millier de morts. Mais d’après une archive britannique, qui vient d’être déclassifiée, ce chiffre serait largement sous-estimé : la répression de la manifestation aurait fait dix mille morts.

Lire la suite...

De faux profils chinois LinkedIn inquiètent l’Allemagne

rfi, 12.12.2017

Une affaire d’espionnage envenime les relations entre l’Allemagne et la Chine. Dans une démarche inhabituelle, le chef des services de renseignements allemands a accusé Pékin publiquement dimanche 10 décembre de tenter de recruter des agents dans les milieux politiques et universitaires allemands. La Chine a démenti.

Lire la suite...

L’ex-super flic du web chinois, Lu Wei, visé par un enquête pour corruption

rfi, 16.11.2017

En 2015, le magazine américain Time considérait Lu Wei, à l’époque patron de la régulation d’internet en Chine, comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde. Lundi 21 novembre au soir, l’autorité anticorruption du Parti communiste a annoncé que Lu Wei faisait désormais l’objet d’une enquête pour « graves violations à la discipline », un terme qui signifie qu’il est soupçonné de corruption.

Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

La photo de Lu Wei, l’austère technocrate communiste, aux côtés du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg toujours en mode décontracté, avait fait le tour du monde en 2014.

Lire la suite...

Chine: Xi Jinping remplace Jésus dans le comté de Yugan

rfi, 16.11.2017

En Chine, le salut ne vient pas de Jésus mais du Parti communiste. A Yugan, un comté pauvre de la province de Jiangxi, où 10 % des près d’un million d’habitants se disent chrétiens, les habitants risquent d’être rayés de la liste des bénéficiaires des aides d’Etat s’ils n’acceptent pas de détruire tout symbole religieux dans leur demeure. Un nouvel exemple qui démontre que la Chine ne fait que peu de cas de la liberté religieuse et que le culte de la personnalité autour de Xi Jinping bat son plein.

Avec notre correspondante en Chine, Heike Schmidt

Lire la suite...

Chine: la Grande Muraille numérique de la censure ne concerne pas Trump

rfi, 09.11.2017

Le président Donald Trump est en visite en Chine depuis mercredi 8 novembre, et il a tweeté depuis Pékin alors même que ce réseau social est interdit sur le territoire. Bien évidemment le président américain a vanté l’excellent accueil qui lui a été réservé. Mais son addiction et surtout son utilisation de Twitter sur le territoire chinois ne sont pas passées inaperçues.

Tout comme pour Facebook, Youtube et WhatsApp, en Chine, officiellement, on ne peut pas se connecter à Twitter. Mais en fait quiconque travaille, voyage ou milite en Chine le sait : pour contourner l’interdiction, il suffit de passer par un VPN. Un VPN c’est une technologie qui permet de se connecter à un réseau situé dans un autre pays, ce qui vous ouvre les portes de Twitter et vous rend quasi indétectable sur la Toile.

Le président américain, lui, n’a pas besoin de VPN. Il a à sa disposition tous les moyens technologiques les plus sophistiqués du monde pour outrepasser, où qu’il se trouve, n’importe quel blocage virtuel, et ce de manière ultra-sécurisée pour éviter que son téléphone portable ou son ordinateur ne soient piratés. Et bien évidemment on se doutait qu’il ne bouderait pas son plaisir de tweeter depuis la Chine.

Politiquement correct ?

Dans ses tweets «made in China», Donald Trump a vanté l’excellent accueil que lui a reservé Xi Jinping, il a posté de belles photos de la Cité Interdite, tout le monde est tout sourire, donc rien qui ne mette en péril les intérêts du régime chinois, bien au contraire.

Paul Triolo, spécialiste des questions de cybersécurité pour le think tank Eurasia, analyse l’attitude de la Chine face au « Twitter-président » : «Pendant les trois jours de visite du président Trump, les autorités chinoises sont plus qu’heureuses de le laisser tweeter. En fait, ce serait beaucoup plus embarassant pour le régime s’ils avaient bloqué son compte. Tout le monde sait que le président américain est un fervent utilisateur de Twitter, et les autorités ont probablement fait le pari que Donald Trump cherche à avoir de bonnes relations avec Xi Jinping et qu’il n’aurait donc probablement rien tweeté de gênant pour le régime».

Des intérêts bien identifiés

Le régime chinois assouplit d’ailleurs régulièrement l’accès à Twitter sur son sol pour les délégations étrangères ou lors de grands évènements internationaux qui attirent touristes et personnalités publiques. Le régime chinois tolère l’utilisation de Twitter par les étrangers dans la mesure où elle montre la Chine sous son bon jour. Le selfie du Premier ministre indien Narendra Modi avec Li Keqiang, Premier ministre chinois, n’avait visiblement posé aucun problème au régime même s’il sortait des codes policés et bien encadrés de la propagande politique chinoise.

L’Etat chinois et l’agence de presse officielle Xinhua News Agency administrent d’ailleurs des comptes Twitter, sur lesquels ils proposent du contenu en anglais, preuve que ces tweets sont destinés aux internautes étrangers, les Chinois n’étant pas censés se connecter à la plateforme américaine de micro-blogging.

«En revanche, ajoute le chercheur, s’il tweete quelque chose de controversé et que les internautes chinois s’en emparent sur les réseaux sociaux chinois, sur Weibo ou WeChat par exemple, alors le régime probablement limiterait la portée de ce tweet au sein du pays.»

La Grande Muraille numérique de Chine

La capacité de censure des contenus par le régime chinois, le contrôle de l’accès au web mondial, la veille sur les réseaux sociaux font partie « d’un système de surveillance du web très sophistiqué, qui a évolué avec le temps. Au départ, c’était de la censure pure et simple de certains sites internets maintenant c’est beaucoup plus flexible, ils ont des moyens plus fins de détecter et réduire la portée de certains contenus »,  explique Paul Triolo, qui rappelle que « ce qui intéresse vraiment le régime, c’est d’empêcher l’organisation sur les réseaux de potentielles manifestations contre le régime ».

Outre le repérage d’opposants politiques capables de déstabiliser le régime, le système de censure dit « la Grande Muraille numérique » est aussi une question de souveraineté numérique. Un concept derrière lequel se cachent non seulement des intérêts politiques, mais des enjeux économiques colossaux.

En fermant son marché aux entreprises étrangères du web, en particulier aux géants américains, la Chine cherche à développer ses propres systèmes informatiques et ses propres réseaux sociaux. Elle parvient ainsi à contenir toute vélléité étrangère de toucher les 730 millions d’internautes chinois.

Lire la suite...